Extrait du livre Arborescences

Extrait Les Arborescences Libertines

 

Alors que Vita approche du château depuis l’allée sinueuse, Premier sait sa révélation graduelle aux yeux de la jeune femme élégante, tel ventre de femme en un déshabillage lent. D’abord le monde de la ferme et les bois alentour : un sarrau de toile écrue. Puis, à travers l’épaisseur du porche entrouvert, une transparence de la chemise, le jardin lui-même. Vita le devine, s’émoustille, elle veut aller au-delà de la toison de pelouse, vers chacun des petits jardins intimes qu’elle entrevoit. Une enceinte de briques rouges autour des uns, une ceinture d’ifs séculaires pour d’autres, les douves en remous secrets. Les jardins seront une invite au fleuretage, un espace de dérobade calculée, voire de gestiques suggestives : tous promettent une transgression de l’interdit.