Extrait silences

extrait Entre les Silences

Le carillon de la sonnette retentit. Je lève la tête en même temps que Thomas Billoux. Un pied chaussé d’un mocassin brun passe le seuil, suivi d’un autre. J’ai le temps d’admirer une paire de chevilles fines qui se découvre sous la fente d’un imperméable trop long. Un flot de lumière s’engouffre dans l’atelier par la porte ouverte, auréolant un moment la silhouette d’une très jeune fille. Elle fait trois petits pas hésitants dans la pièce. Je pense immédiatement au Lac des Cygnes où la demoiselle incarnerait Odette, transformée en cygne le jour. Ce n’est pas tant son teint blanc, le long cou posé fragilement sur les épaules, que la façon qu’elle a de glisser sur le sol, la tête penchée, attentive au mouvement de ses pas prudents. Elle tourne sa tête chapeautée, à gauche puis à droite, dans un mouvement andante sostenuto. Un bref regard de Billoux, un soupir :

-Mademoiselle ?